Championnat du monde

mai 13th, 201011:08 @ crevette

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J’ai un nouveau travail. Ça fait maintenant 2 mois. Je suis bien contente, il est plutôt chouette ce nouveau travail, même si c’est un job ou très souvent, je comprends rien à ce qu’on me dit (évidemment, quelle idée de me parler en néerlandais, allemand ou même hébreu comme ça, cash pistache, à 9h du mat ?).

Cependant, à mon travail, je n’y suis pas tous les jours. J’y suis à temps partiel. Souvent donc, je n’y suis pas. Et quand je n’y suis pas, c’est que j’ai tout mon temps pour me faire une pédicure avec les mains, une manucure avec les pieds, couper mes fourches une à une avec les dents, trier mes sous-vêtements par ordre de couleur et de motifs, écrire sur mon blog, lire des livres, regarder des films, faire un tajine, m’épiler les mollets, faire des cartons, sortir la poubelle, passer l’aspirateur, aller au marché, faire du jogging, aller chez le coiffeur, trier mes papiers, repeindre le mur de la salle de bains, ranger mes chaussures, finir la tablette de chocolat, changer l’ampoule de la chambre, réparer l’imprimante, faire une lessive de blanc, appeler ma mamie, arroser le basilic, jeter le libé du 27 avril, envoyer un sms à rolande. Enfin… j’ai de quoi m’occuper, vois-tu.

Mais non. Dans mon temps libre, je m’ennuie, je dors, je glande, j’ai la flemme, je procrastine, je baille aux corneilles, je compte les toiles d’araignées qui pendent au plafond. Plus j’ai de temps pour moi, plus je le gâche : ça fait 17 minutes que je regarde fixement la cafetière en me disant que ce serait bien que je me fasse un café. Ça fait 16 minutes que je me dis que ce serait bien que je me lève pour lancer le café. ça fait 15 minutes que mes fesses sont définitivement vissées au canapé, et que je suis vautrée dans une telle position que moi même je me demande si je n’aurais pas perdu ma colonne vertébrale en route.  Mais surtout, ça fait 14 minutes que je culpabilise, en me disant que c’est tout de même pas permis d’être aussi larvaire et contreproductif. Mais c’est pas pour autant que je décollerai mon séant (qui prend la forme du canapé, c’est complètement dingue, c’est pas censé être au canapé de prendre la forme de mon popotin normalement?). A la place, j’envisage de commencer à jouer à Farmville sur facebook, ou alors de croiser les jambes (changer de position, c’est important, ça me permet d’éviter les escarres).  Parfois, le téléphone sonne. Il est sur le bureau. Le bureau est à 1m25 de moi. Ceci dit, je ne peux pas l’atteindre sans me décoller du canap. Alors je le laisse sonner. Je me dis qu’il y a un répondeur, et que c’est pas fait pour les hamsters. Quand j’aurais plus la flemme, j’écouterai mes messages. D’ici 5 ou 6 heures donc. Et je justifierai mon temps de retard à la réponse par un « pfiou, je n’arrête pas en ce moment » contrit. Les gens sont pas censés savoir que ce que je n’arrête pas, c’est d’essayer de lécher mon coude.

D’ailleurs, je suis à deux doigts d’y arriver là, je le sens bien… faut que je vous laisse…

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