8 mars

mars 8th, 201011:35 @ crevette

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Comme c’est encore un peu la journée de la femme à l’heure ou je tapote sur mon clavier, et malgré le fait que j’aie déjà dit ailleurs ce que j’en pensais, j’ai encore un peu envie d’en parler.

Parce qu’on parle bien de la journée de LA femme. Et qui mieux que la cagole peut incarner la quintessence du beau sexe et donc LA femme par excellence ? En voilà une bonne question.

La cagole, c’est le summum de la féminité, de la classe et du raffinement. Dans l’inconscient collectif, la cagole sent bon le soleil (une légende ancestrale veut qu’en Provence il fasse vachement beau et chaud, j’ai envie de dire « Bullshit ! ») et les cigales (si toutefois les cigales ont une odeur). Elle a un accent qui chante. Elle dit putaing et cong tout les trois mots. Des fois, elle s’emboucane avec ses collègues, mais souvent c’est pour faire la blague. Elle est blonde, mais que des cheveux. Elle aime les jeans trompette, les chaussures à plateau, les maillots de bains en crochet et les Black Eyed Peas. Elle rigole fort aussi. Et surtout, elle baisse sa culotte pour un bichoco. Enfin, ça c’est dans le cliché.

En vrai, la cagole voue un culte aux talons de plus de 6cm, ceux qu’elle collectionne dans son placard, et que parfois elle prend tendrement dans ses bras, sans pour autant les chausser. Et si elle les porte, elle a la démarche gracieuse d’un col-vert qui souffre d’hémorroïdes, et au bout de huit minutes, elle hurle de douleur chaque fois qu’un de ses pieds touche le sol. Elle voue le même culte aux robes trop courtes que tu ne peux nettoyer qu’à sec et aux bijoux en toc qui lui infectent les oreilles et laissent des traces noires autour du cou.

La cagole est coquette. Elle aime prendre soin d’elle. Elle s’épile des orteils aux sourcils très méticuleusement. Sur ses cheveux, elle met des shampoings doux à usage fréquent, de préférence un peu bio, des après-shampoing, des masques capillaires, des soins, des sérums, de la mousse, du gel, de la laque. Elle a un sèche-cheveux ionique, un peigne à dents fines, un à dents larges, une brosse plate, une brosse ronde, un fer à friser, un fer à lisser, et parfois des bigoudis. Elle se fait des balayages « coup de soleil » chez la coiffeuse ou elle se fait des colos sans ammoniaque. Elle prend grand soin de sa peau. Une soirée à traquer le point noir ou la ride est une soirée réussie pour elle. Et pour ça, elle est équipée : gels moussants, lotions toniques, laits, crèmes (une pour l’été et une pour l’hiver), un gommage, un masque hydratant, un retire-comédons (pour les mieux équipées), de l’argile verte. Et après avoir passé trois plombes à décrasser sa peau, la cagole la retartine. Base de teint, fond de teint, poudre de teint, blush, ombre à paupières (elle en a 27 différentes), khôl, eye liner, mascara (allongeant, volumateur, recourbant), rouge à lèvres (7 teintes), gloss (9 tubes). Et là, on parle que de la tête. Parce que la cagole prend aussi soin de son corps. Elle dit faire attention à ce qu’elle mange, l’air très sûr d’elle, alors qu’elle a la bouche pleine de frites. Elle met pas de sauce dans sa salade (c’est plus light), mais elle trempe son pain dans le ramequin de vinaigrette (parce que ça compte pas). Elle a également un énorme tube de crème anti-cellulite. Elle se vernis les ongles des mains, mais aussi des pieds, et ce même en hiver alors qu’il fait tellement froid qu’elle ne se sépare plus de ses chaussettes de ski.

La cagole est une grande sentimentale. Elle a forcément dans sa vidéothèque un film d’amour qui la fait pleurer systématiquement, que se soit Moulin Rouge, Darty Dancing, Sur la route de madison ou Dirty Dancing. Et elle regarde son film culte en moyenne une fois par mois.

Avec les garçons, la cagole est une fille toute simple. Quand elle est célibataire, elle est prête a tout pour faire tomber l’objet de ses convoitises dans ses filets. Quitte à en faire des tonnes. Quand elle est en couple, elle est prête à tout pour éviter de faire le moindre effort pour chéri (il m’aime, il me prend comme je suis). Quitte à en faire des tonnes.

Avec les filles, c’est également très simple. C’est soit des vielles putes toutes grasses, soit ses copines pour la vie. Souvent la cagole passe de l’une à l’autre des catégories plusieurs fois dans la même journée.

En même temps, la cagole est très stable émotionnellement. Oui, elle peut pleurer parce que les soldes sont terminées. Oui elle peut faire un psychodrame mémorable à chéri parce que quand elle lui a demandé « comment tu me trouves ? » il a répondu « ça va » (le gougat). Oui, elle peut faire pipi dans sa culotte quand on lui met un lapin nain, un chaton ou un bébé dans les bras. Mais c’est juste parce que la cagole est une grande sensible, et qu’elle mord la vie à pleines dents.

La cagole est aussi pleine de classe. Elle rote, elle pète, elle prend ses fesses en photo et parle de fist-fucking et d’éjac’ faciale uniquement quand les circonstances veulent qu’elle ne puisse plus avoir de contrôle sur elle-même. Comprendre « dès qu’elle a bu une demi-bière ». Et quand elle se gratte le nez et les aisselles, vêtue d’un pyjama en pilou et d’un teeshirt Intermarché, c’est uniquement pour prouver qu’elle est une fille vraie et qu’elle peut se montrer sans fard.

En réalité, et pour résumer, si la cagole est l’image de la quintessence de la femme, c’est juste parce que la cagole, c’est juste une fille normale.

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