FaceBook me saoule.
Je sens que la grande passion qui nous unissait est en train de s’étioler. J’ai même peur que cela nous mène à la rupture.
Pourtant, tout avait tellement bien commencé… L’euphorie des débuts, les longues heures passées à se regarder dans les yeux, sans rien construire du tout. Puis petit à petit, la routine s’est installée. J’ai commencé à voir ses défauts (sa fâcheuse tendance à dévoiler à la face du monde des photos de moi en train d’enlacer affectueusement une cuvette de wc, le teint kaki clair, deux trois cadavres de bouteilles de bière gisant encore à mes pieds), il a commencé à voir les miens (normal, avec toutes ses questions à la con qu’il me posait, il sait même quel type de fromage j’aurais été si j’avais pas été bipède). A ce moment là, j’arrivais encore à m’accommoder de ses petits travers, allant même jusqu’à leur trouver du charme. Mais progressivement, je suis devenue moins patiente, moins conciliante, et de le voir sans cesse m’envoyer des suggestions de page genre « Souvien toi de se jours, où tu m’avait juré de ne jamais me fair du mal … », je arrive à me demander s’il me connaît vraiment, et je me pose des questions sur notre avenir.
Comment en est-on arrivé là ? D’abord, les nuits entières à chercher des amis. Prête à accepter n’importe qui. Tiens, elle, c’est la meuf qui m’est passée devant à la boulangerie ! On se connaît ! Hop, une friend request. La frénétique recherche d’amis te conduit dans les plus obscurs bas-fonds. Voilà que tu requestes la poulette acnéique levée au Macumba. Pourtant, t’avais aucune envie de prendre son numéro. Mais sur Facebook, c’est pas pareil. Tu te retrouves à être ami même avec les collègues de boulot qui mettaient du sel dans ton café pour te faire chier (ta tête leur revenait pas), alors que tu as passé des heures entières à élaborer des plans diaboliques pour leur crever les pneus de voiture. T’es même ami avec le type qui avait réussi à te donner une réputation de fille de joie au lycée. Et tu as même réussi à retrouver ton prof principal de 6ème5, la fille qui mangeais tes crottes de nez en petite section de maternelle, la mère de ton ex, et même un chien ou deux. C’est l’euphorie. Tu as 312 amis. Bon, tu gardes bien en tête que sur les 312, seul un infime pourcentage te connaît et t’aime au point d’accepter de te tenir les cheveux en cas de soudaine envie de dégobiller, mais qu’importe. En plus tu les connais tous un peu. Tu sais qu’ils aiment Mariah Carey, le PSG, que selon eux Les ami ses pour la vie, qu’ils sont en couple, ah non en fait c’est compliqué, ah puis non célibataire, qu’ils sont partis en vacance à Palavas les flots, et qu’ils adorent la rillettes. Et tu peux toi même leur faire partager ta passion pour les chatons-mignons qui font des galipettes en postant des vidéos à tout va, ou leur montrer que « Je ne perd pas mes affaires, c’est ma chambre qui les cachent pour rigoler. ». Et quotidiennement, tu les abreuve de ma finesse de ton esprit, en actualisant ton statut comme un frénétique « ai mangé de la saucisse de Toulouse » « se gratte le nez » « a des hémorroïdes ».
Ce n’est qu’après que ça commence à devenir un peu malsain : quand commencent les premières nuits à traquer l’ex boyfriend ou l’ex BFF que t’as pas osé requester et qui par chance n’ont jamais entendu parler des paramètres de confidentialité, à mater leurs profils, à scruter la moindre activité, à analyser chaque photo de chaque album dans l’espoir de trouver la faille. Et la joie qui s’en suit si au détour d’un groupe qu’il ou elle a rejoint on trouve une preuve évidente que leur vie est vachement moins bien que la notre. Ou le plongeon dans le gouffre de la déception si au contraire tu réalises que ton ex s’est mis à la colle avec une bonnasse en deuxième année de doctorat de droit.
Puis ça devient carrément énervant. Tu constates que tes photos son commentées par des gens que t’as côtoyé un quart de minute dans la vraie vie, que 75% de tes contacts vouent un culte au Kikou-lol-mdr-xD-Ckromeugnon, que tu reçois un nombre pléthorique d’invitations à Happy-Aquarium, que des gens que tu reconnaitrais même pas dans la rue t’envoient des bisous ou des cocktails, qu’on te suggère plus que des gens sortis d’on ne sais ou, et que c’est limite si certains de tes contacts ne posteraient pas des photos d’eux en train de chier tellement le concept d’intimité et de vie privée leur échappe. Sans parler de ceux qui t’abreuvent de statuts signifiant à quel point leur vie est tellement plus fantastique que la tienne simple mortel ou à quel point on est malheureux quand on s’est fait plaquer et comment ça soulage même pas de se rependre sur le premier réseau social qui traîne.
Alors tu commences à faire le tri dans tes amis, et à ne garder que ceux que tu pourrais également considérer comme tels dans la vraie vie. Plus deux trois personnes que tu adores espionner. Mais rien n’y fait, t’es toujours saoulé de FB. Tu penses même à te désinscrire complètement. Mais tu le fais pas. Et ta raison officielle, c’est que si tu te désinscris, tu n’auras plus aucun contrôle sur ce qu’on pourra poster sur toi. Mais la vraie raison, c’est que t’as peur de te retrouver complètement larguée. Parce que ce qui me fait le plus flipper dans facebook, c’est de voir à quel point nos rapports avec les vrais gens de la vraie vie sont influencés par le réseau social en bleu. T’arrives même plus à compter le nombre d’embrouilles qui sont parties d’un statut mal interprété, d’une photo qui n’aurait jamais due être taguée ou d’un Relationship status changé par inadvertance. Facebook, c’est mieux que Dallas ou les magasines people. Au fond de toi tout te hérisse, mais l’heure ou tu te désinscrira de FB n’a pas encore sonné.



maman@home
6 months ago
Moi je verrouille tout et ne montre mes photos et infos qu’à mes VRAIS amis et je refuse certaines invitations de vieux camarades dont je me moque royalement et que je n’aimerais pas revoir. Mais c’est clair qu’on se lasse, je n’y passe plus autant de temps qu’avant. Je suis sur le sblogs maintenant lol
Anouchka
6 months ago
Avec moi tu seras pas emmerdée
Izzie Mamour
6 months ago
J’ai eu la même démarche avec FB!Chercher des amis à tout va, puis me lasser très vite. A ignorer des gens ou collègues auxquels je ne veux pas livrer plus que ce qu’ils savent de moi! C’est pour ça que je ne mets presque rien dessus, aucune photo, aucun statut.Je me demande même si je ne vais pas désactiver mon FB « réel » et réactiver mon FB « Izzie ». Mais je préfère de loin Twitter, plus interactif pour moi.
papillote
6 months ago
ah, alors c’est quoi ton nom facebook ? on pourrait être amies alors !
; )heureusement personne ne m’a encore tagué sur une photo en soirée. Moi aussi fesse de bouc me fait un peu peur et m’emmerde, je ne m’en sers que pour mettre des liens sur mes nouvelles notes.
bbflo
6 months ago
chouette, un article où je vais pouvoir faire ma mégère… moi j’y suis pas inscrite, sur facebook. Par contre mes gosses, oui. Et franchement, je trouve ça globalement navrant (peut-être qu’utilisé de façon plus « mature » c’est bien, j’en sais rien, mais franchement se glorifier parce qu’on a 257 « amis » je ne vois pas l’intérêt ??). Et puis en plus, ça me gonfle d’y être quand même en photo alors que j’ai rien demandé à personne. L’autre jour mon fils cadet me dit d’un air goguenard « ben dis donc, t’avais l’air de bien t’amuser à la soirée de Tartempion »… et là il me montre une photo de moi, en train de danser les cheveux en vrac, les yeux un peu rouges et un verre à la main. Et là, pour le coup, ça me gonfle carrément !
T’as pas entendu parler de ce type qui a écrit un bouquin sur la vie d’un mec qu’il ne connait absolument pas et dont il a retracé toute la vie en fouinant sur internet ? c’est terrifiant, le type cite le nom de sa copine, celui de son chien, la date à laquelle il a changé de coupe de cheveux, où il est parti en vacances etc… d’ailleurs le mec en question a porté plainte. Bref, tu l’auras compris, ça me fout la trouille.
Sébi
6 months ago
« la fille qui mangeais tes crottes de nez » ?… Sérieux ?
crevette
6 months ago
@ maman home: je fais un peu pareil…
@ anouchka: j’espère bien, sinon, zou! (rah la la la menaaace)
@ izzie: pareil. J’hésite à désactiver mon profil FB officiel pour m’en faire un « crevette » pour pouvoir retrier mes amis, et faire ma vielle conne de tout mon saoul.
@ bbflo: wahou, flippant!
@ sébi: en vrai, elle faisait bien pire… mais j’ose pas te dire quoi. eurrk!
Homecats
6 months ago
Ça fait déjà un bon moment que Facebook me saoule… D’ailleurs, je ne poste plus rien et j’ignore toutes les invitations (ou presque). Je m’en sers juste pour commenter les statuts de gens que j’aime vraiment ou pour leur souhaiter leurs anniv’. J’aimerais parfois désactiver mon compte mais j’ai peur de perdre totalement le contact avec certaines personnes. C’est quand même un moyen facile de garder contact, même si au final le contact reste virtuel. Et comme mon blog n’est pas connu de mes amis IRL (à part toi et lululight), je veux pas créer de Facebook Homecats.
Bref, Facebook or not Facebook, that is the question…
Fred Bird
6 months ago
c’est quoi BFF ?
flou
6 months ago
meme pas inscrite… trop forte… j’étais soulée avant meme que ça commence ^^
crevette
6 months ago
@ homecats: je suis flattée d’être IRL et virtuelle
@ fredbird: Best Friend Forever, tendance dindes hurlantes et énervantes
@ flou: comment une petite inspiration t’as conduit à être à la pointe de la hype.
parisiennette
6 months ago
bonjour,
Je ne sais pas comment je suis arrivée ici, mais j’y suis. Et puisque j’y suis, je donne mon avis !
J’ai essayé facebook. 2 fois, quand même (j’ai persisté…). Et je me suis désinscrite. 2 fois, donc. Enfin, là, je suis en cours de désinscription, puisque facebook juge utile de tout conserver 14 jours, au cas où je changerais d’avis.
Pendant mes courtes périodes facebookiennes, j’ai refusé des « amis », parce que ce n’étaient pas des amis dans la vie réelle. Et j’ai espionné des gens, aussi. Comme je trouvais ça un peu malsain, j’ai tout arrêté. De toute façon, mes vrais amis savent déjà comment me joindre !
Par contre, je passe beaucoup de temps devant l’écran, quand même…
la ch'tite
6 months ago
Mouvement de fond, visiblement, moi aussi, Facebook me gave par certains côtés.
Je trouve ça un peu flippant, parce qu’effectivement, ça implique un diktat du cool, avoir plein de potes, plein de truc à raconter, mettre sa vie en scène… (Qué, le blog ? Nan, mais, pour moi, le blog, c’est clairement « romancé », c’est un personnage, la plupart du temps)
Mais quelquefois, ça peut être bien, pour garder le contact – ou reprendre contact – avec des gens qu’on n’appellerait pas forcément, par timidité, manque de temps, peur de déranger…
Tu vois, j’aurais bien aimé qu’une certaine blogueuse-carnavaleuse-suivez-mon-regard soit sur FB, par exemple !
Maya
6 months ago
Je crois que j’aurais pû écrire cet article tiens! Enfin presque.
J’ai lâché FB il y a quelques semaines mais sans me désinscrire car comme tu le dis je veux savoir si on publie des trucs sur moi par exemple.
J’ai été soulé des statuts débiles de mes contacts et de plein d’autres trucs dont tu parles très bien dans cet article.
Je me sens moins seule, j’ai l’impression qu’en ce moment beaucoup de monde réfléchit à FB et à l’esprit malsain qui y règne: hélas pour nous ces gens ne font pas partie de nos contacts…
Bizbizz
Maya
6 months ago
Ah oui aussi, j’ai maintenant un profil avec une autre identité pour mes copines de blogs et copines éloignées c’est tout
Comme ça, le tri est vite fait et j’ai la paix de mon entourage!
MissBrownie
6 months ago
J’adore ton billet
C’est tellement vrai!
Et c’est bien pour ça que je n’ai pas de compte
Fleur de cerise
6 months ago
Moi aussi je me lasse de Facebook, je n’y vais presque plus
!
mlle-emi
6 months ago
Ah non, ne te désinscris pas hein ? Ne te laisse pas influencer, Facebook c’est un pass pour faire partie de la société…
Même que mon dernier article t’en vante les mérites et te réconcilie avec tes 312 amis ;D
a bow factory
6 months ago
ah Facebook ! moi je pense sérieusement à fermer mon compte, mais bon ça fait quant même un bon moment que j’y pense s’en le faire…
j’aime bcp tes articles
Coco La Bulle
6 months ago
Bravo pour ton papier, je découvre ton blog…
Facebook ça va du pire au meilleur, mais je crois sincèrement que l’on peut en tirer du bon. Il suffit de savoir doser. Refuser carrément d’y être tient pour moi du combat d’arrière-garde, ça dénote aussi un rien de snobisme et de parisianisme. Mais si.
J’ai bien sûr des amis, des vrais, des proches, certains sont mes amis FB, d’autres ne sont pas sur le réseau. Mais j’ai retrouvé plein de gens perdus de vue depuis longtemps, on reprend le contact, on s’échange des photos, on se marre. Il y en a qui sont loin, très loin, jusqu’au Canada, et sans FB je n’aurais, c’est sûr, aucun contact avec eux.
FB est un outil, il faut l’utiliser, ne pas se laisser manipuler, c’est tout, et gérer la confidentialité de ce que tu montres.
A bientôt de te lire…
PS. Moi j’aime FB, et je le disais il y a quelque temps dans une chronique en forme de déclaration http://leblogdecocolabulle.blogspot.com/2009/12/in-love-with-facebook.html