J’ai été tagguée.
J’aime bien être tagguée, déjà parce que c’est gentil, et en plus parce que ça m’évite d’arracher les cheveux en me demandant ce que je vais bien pouvoir encore écrire comme conneries suffisamment intelligentes pour qu’au moins un pelé et un tondu lisent jusqu’au bout.
En l’occurrence, c’est Cha qui m’a tagguée. Elle veut savoir comment je lis. Comme je suis un peu de mauvais poil aujourd’hui, j’aurais pu lui répondre un truc du genre « non mais ça te regarde ? Tu veux pas non plus que je te dise comment je pisse ? ». Mais déjà, je suis une fille polie, du genre à laisser les mamies me passer devant à la caisse du super marché, et en plus j’aime bien Cha (et faire la lèche).
Tout ça pour dire que le tag en question, c’est pour dévoiler à la face du monde comment je lis.
Etant donné que ça n’a pas changé, et que je suis toujours d’une humeur de chien, je pourrais dire tout simplement « avec mes yeux, hé connasse ! ». Mais ça n’aurait aucun intérêt.
Sachez donc dans un premier temps que je suis complètement accro à la lecture. Je lis le dos de mes bouteilles de shampooing quand je suis sous la douche. Et si j’aime pas faire pipi en dehors de chez moi, c’est que je ne peux pas m’installer confortablement pour bouquiner. Sachez également que j’ai deux types de lectures. Celles que j’assume, et celles que j’assume pas voire carrément pas.
Celles que j’assume, c’est en général des poches d’occase. Ou si c’est neuf, je lis tellement n’ importe où et je trimballe tellement mes bouquins partout qu’en trois jours, le bouquin a pris trois ans. Les bouquins en question ont soit des classiques à côté desquels je suis passée quand j’étais une ado boutonneuse qui préférait écrire Bertrand je te love à mort sur les tables en cours de français plutôt que de forger son esprit, quelques valeurs sures (à mes yeux), des recommandations d’amis, un titre qui m’a interpellé ou une couverture qui m’a fait de l’œil. Je ne lis, regarde ou écoute jamais de critique littéraire, ça m’embrouille et ça sent toujours la promo (mais va savoir pourquoi, les critiques ciné, ça me fait pas pareil). Et comme en plus je suis du genre fauchée, ils me parlent toujours de bouquins que je pourrais me payer que dans deux ans. Et ça m’énerve. Cependant dès qu’un auteur meurt, je m’empresse d’aller acheter ce qu’il avait écrit, comme un mouton galeux que je suis (dernièrement, je me suis fait le coup avec Salinger et Levi Strauss). Une fois que j’ai fini mon bouquin, et qu’il est par conséquent bien corné et tout tâché, je le range dans ma bibliothèque. Revendre un bouquin, c’est pour moi une aberration. C’est comme si on me proposait de vendre mes amis. Et même eux, moyennant une certaine somme je parviendrais à m’en séparer. Qu’un bouquin, va savoir pourquoi, je peux pas. Par contre, je les prête sans problème à ceux de mes amis que je vendrais le plus cher. Et quand j’offre un bouquin, c’est toujours un truc que j’aurais aimé qu’on m’offre, et en règle générale, je le lis avant de l’emballer. C’est de la prévention, pour dire à celui à qui il est destiné : « c’est vachement bien, tu vas adorer. Surtout au moment ou Stefen avoue à Mrs Morgan qu’en fait l’assassin, c’est le pasteur ». Si j’ai pas eu le temps de le lire avant de l’offrir, c’est pas grave. J’attends que le paquet soit ouvert, et que tout le monde soit passé à autre chose pour le piquer et aller le lire dans un coin.
Et puis il y a les lectures que j’assume moyen, voire pas. Je suis une boulimique de magazines féminins. Il faut que j’en achète au moins un par semaine. Et je le « lis » en 20 minutes. « lis » entre guillemets parce que je lis même pas, en général les articles ne m’intéressent pas. Puis on les connaît les dix attitudes à avoir au lit pour faire tomber un mec, et le micro trottoir de jeunes filles jolies et dans le vent qui racontent comment elles sont décomplexées du capiton. Sans parler du spécial mode petit-prix ou la moindre paire de grolles est à 200 boules (alors que petit prix pour moi ça veut dire qu’avec 200 euros, je t’en trouve 10 des paires). Les féminins m’énervent, mais il n’empêche, chaque semaine la pile de Glamour – Biba – Cosmo – Grazia et autres Elle se rapproche un peu plus du plafond. Puis il y a les people. Là, j’ai carrément honte. Je n’ai jamais acheté le moindre de ses torchons putassiers et racoleurs. Je n’en ai fondamentalement rien à carrer de savoir que Brad et Angie seraient sur le point de se séparer. Savoir que Lindsay Lohan est encore partie en rehab me fait une belle jambe, et je ne connais le nom d’aucun des candidats de Secret Story (ce qui fait qu’une semaine sur deux, je n’ai absolument aucune idée de qui est la dinde qui fait la couv de closer). Malgré tout, dès qu’un people se présente à moi, je ne peux pas m’en empêcher, je le dévore. Je lis même les textes, en disant de temps en temps pour me donner de la contenance que putain, c’est quand même un sacré ramassis de conneries.
De toute façons, quelque soit la lecture, que se soit Kerouac ou Oops !, je lis toujours pareil : de préférence vautrée sur un canapé ou un lit, un peu de musique (mais pas française, parce que sinon je focalise sur les paroles et je lis 13 fois la même ligne), une tasse de kusmi, des petits gâteaux, et une mèche de cheveux que je peux triturer à loisirs. Ou dans un bus ou un train, mp3 dans les oreilles, recroquevillée dans mon fauteuil. Et ça se termine toujours de la même manière : je m’endors dans une position peu flatteuse et complètement inconfortable et en général, je bave. Lire, c’est sexy.
Maintenant, tu sais tout.
Reste plus qu’à refiler de bébé à Mrs Clooney, Bbflo, Emanu124, Madame Kévin, et tiens, miss Brownie. Voilà.



annick
6 months ago
levi strauss c’est celui qui a fait les jeans c’est ça?
Homecats
6 months ago
Marrant, moi je lis jamais aux toilettes. En même temps, il fait trop froid dans mes toilettes.
Et je ne lis AUCUN magazine féminin. Ceci explique peut-être cela… Par contre, je lis les blogs modasse, ça contrecarre un peu le truc.
Et les mags people, je les feuillette chez les gens qui en ont, par curiosité hein, c’est tout.
crevette
6 months ago
@ annik: toutafé. Toi tu lis closer sans honte, non?
@ Homecats: (ravie que tu n’ai pas pris le Hé Connasse! pour toi) et t’as raison, j’ai pas parlé de blogs… peut être parceque lecture pour moi c’est lié au papier, et qu’il faudrait que j’invente un mot pour les lectures d’écran…
olithée
6 months ago
Ce matin, j’étais chez le medecin vers 9h avant d’aller au boulot.
50€ la consultation generaliste. Cher payé me direz vous?
et bah non
1/c’est remboursé (vive le systeme français surtout moi qui est toujours un pet de travers)
2/la salle d’attente était remplie de magazines encore sous plastique, pas un miasme sur les pages du ELLE de cette semaine, le reve.
3/ quand doc est venu me chercher, j’étais dég j’étais qu’a la page 18 de closer.
C’est décidé, je reprends rdv pour demain.
papillote
6 months ago
Pour te désintoxiquer des magazines féminins, je te conseille de bosser avec eux. Tu verras, ça soigne direct : ça fait trois ans que j’en ai plus lu un seul.
bbflo
6 months ago
Merci pour le tag, c’est mon premier !
J’ai toujours trouvé étrange le fait – assez répandu apparemment – de lire aux toilettes. Moi aux toilettes je… enfin, je te fais pas un dessin, quoi… mais je ne lis pas. Par contre on a en commun de lire les étiquettes de trucs idiot (moi, je connais par coeur l’étiquette de canard wc, et je te jure que c’est pas facile à caser dans une conversation).
lili est insolente
6 months ago
je lis debout moi, allongée je m’endors
MissBrownie
6 months ago
Moi aussi je lis tout et n’importe quoi, même la notice de la poubelle à serviettes hygiéniques des toilettes du boulot!
crevette
6 months ago
@bbflo: you’re welcome!
@lili est insolente: tu m’épates toi. Moi debout, je choppe des crampes.
@miss brownie: lire dans les toilettes du bureau, ça c’est fort de café…
Madame Kévin
6 months ago
Merci pour le tag ! Je l’ai déjà reçu mais je te rajouterai dans les liens ! Je me retrouve dans plusieurs de tes réponses (lire tout ce qui passe, être vautrée). En revanche, j’ai du mal à me concentrer s’il y a de la musique.