dans ma rue – aussi

janvier 7th, 20106:00 @ crevette

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Comme quoi, l’inspiration, c’est comme ça, ça va, ça vient. Là, mon inspiration me crie de copier honteusement sur Cha-Homecats, et de faire un post sur ma rue.

Ma rue est à sens unique. Et elle est sale. Ses habitants trouvent que l’écologie, l’hygiène, la propreté sont des concepts un peu surfaits. Pour eux, c’est snob et ringard. Du coup, ils jettent leurs détritus tout à côté des bennes à ordure. Pas dedans, non. A côté. Et tout genre de détritus : des lavabos, des frigos, des cuvettes de wc, des fauteuils, des portes, des paniers, des planches, des jouets. Ma rue est un espèce de luna parc pour rats. Le soir, en hiver, on les entend crier de joie.

Ma rue et en plein dans un quartier turc. Je ne peux même pas lire les devantures des magasins. Il y a des cédilles sur les consonnes.

Ma rue est pleine de cafés, qui retransmettent les matches de l’OM (comme 100% des bars chez moi en fait). Ils ne sont fréquentés que par des hommes. Soit ils boivent des cafés en fumant leurs clopes dehors, soit ils jouent à un jeu très étrange qui ressemble à qui est-ce mais en beaucoup moins funky. Quand ils boivent leur café dehors, et que moi je passe, ils me disent bonjour de manière très imaginative (enfin à leur gout).

Dans ma rue, il y a genre trois grossistes de tissus. A chaque fois que je passe devant l’un d’eux, je me dis que quand même, se serait bien si je me mettais à coudre. Puis je me rappelle qu’il y a un an, j’ai commencé une écharpe. Elle est longue de 7cm.

Au milieu de ma rue, il y a une place, ou des gamins qui doivent m’arriver genre au genou jouent au foot au milieu des voitures. C’est la partie que je traverse en fermant les yeux, ils me font trop flipper ces mioches à faire des reprises de volées sur les capots de voiture. Du coup, je me suis pris des ballons dans la gueule une paire de fois.

Dans ma rue il y a une épicerie de nuit. Elle est spécialisée dans les fruits et légumes de l’année précédente. Genre frippés et poilus. Quand je passe devant, j’ai envie d’appeler un inspecteur de l’hygiène. Mais je le fais pas parce que l’épicier vend aussi des sprits à la framboise. A 2€75, certes, mais les sprits à la framboise, ça déchire sa mère, surtout quand on a des fringales à 22h17 et qu’on a plus que des échalotes et des champignons noirs à boulotter.

Dans ma rue, il y a une vielle toute grise. Elle ressemble aux pommes de l’épicier. Elle a les culs de bouteilles les plus épais que j’ai jamais vu.s Et elle s’en sert avec assiduité. Quand elle est pas à sa fenêtre, elle est à la porte ou devant l’un des cafés. Quand je sors le matin et qu’elle n’aime pas ma façon de m’habiller, elle hausse les épaules en faisant genre « pf ». J’ai décidé que c’était une vielle bique, je lui dis jamais bonjour. Je crois qu’en fait elle me fait flipper. Elle a l’air tellement vielle et elle est tellement grise que c’est probablement un peu surnaturel qu’elle soit encore là.

Dans ma rue il y a un salon de coiffure pour hommes. Heureusement qu’il est pour hommes, parce qu’il faudrait me payer cher pour que j’aille me faire couper les tifs dans ce bouge. Enfin, je suppose que c’est pour hommes, parce que la devanture, c’est une brune voilée avec de longs cheveux bruns qui dépassent. Tous les coiffeurs ont une coupe de mulet. La nuque longue, ça a l’air d’être leur philosophie de vie. Ils sont toujours sapés comme s’ils allaient à leur propre mariage alors que le salon est cracra comme c’est pas permis.  Ils sont au moins cinq, et doivent avoir trois clients par jour. Je trouve ça douteux. Je devrais aller demander à la dame grise si elle pense qu’ils vendent de la drogue.

En fait, je crois que j’ai envie de déménager. Et vite.

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