la sociologie du samedi soir

novembre 24th, 200912:12 @ crevette

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Rien de tel pour mettre un point final à une semaine éprouvante qu’une bonne petite expérience sociologique. La sociologie, c’est utile et gratifiant.

Ça, c’est ce que je me suis dit samedi soir quand je me suis rendue compte que la seule main qui se levait en faveur d’un concert de rock fifties et contre la soirée en boite était mienne, et que j’ai réalisé que parfois la démocratie c’était une belle connerie.

Bref. C’est en route pour le Macumba Night (par respect pour mon intégrité morale et physique les noms de lieux on étés modifiés) que je me suis dit qu’après tout, toutes les occasions sont bonnes à prendre pour étudier son prochain, et je me suis dit: pourquoi pas. En fait, je suis une sacré pétasse snobinarde et hautaine, doublée d’une connasse qui se la joue.

Première impression en rentrant dans le Macumba Night : Valérie Damidot sous ecstas n’aurait pas mieux fait. Des comptoirs en verre dépoli fluo, profusion de rideaux de fils blancs emmêlés, pire que mes cheveux après un bain de bière, des banquettes en faux cuir blanc, des écrans plasma diffusant des photos fin de soirée des habitués (halloween, c’était il y a trois semaines, je vous le rappelle). Et comble du comble, le pompom sur le gâteau, la cerise sur le chapeau de marin : les monumentaux ballons en forme de … pénis accrochés au plafond. Par dizaines. Des bleus. Des rouges. Des verts. Des jaunes. Des blancs. Des gonflés. Des dégonflés. J’en ai attrapé un torticolis.

Deuxième impression : les gens. Les filles en carré plongeant à mèche, porte-jarretelles, leggings, escarpins pointus qui brillent. Un peu comme à Pigalle en 1987, enfin j’imagine, parce qu’en 1987 je n’avais pas encore l’âge d’aller aux putes. Les garçons boule à zéro, teeshirt à marque (oh, il a couté 34 boules 90 mon tee shirt rose Pepe Jeans, autant que les meufs elles voient que c’est de la marque), et ceintures blanches. Un peu comme quand en 1987 j’allais à des endroits adaptés à mon âge : le cirque par exemple. Je me suis sentie vite seule avec ma robe à volant, mes collants fuchsia et mes chaussures à nœuds (et le premier qui me dit que je devais me sentir proche du clan des garçons, je l’énuclée).

Troisième impression : la musique. Éclectique. De Céline Dion au Petit Ricard dans un verre à ballon. Avec bien sûr les Foufounes Chattes Poupées, les Petits Poids aux Yeux Noirs, Ragnagna, Lady Gogo, David Getoune et consorts. Ça aurait pu être douloureux, mais en fait non. Le Dj, conciliant, ne laissait jamais un morceau plus de 25 secondes, et s’il le faisait, il avait l’indulgence de parler par dessus la musique pour inciter les filles à se foutre à poil, à souhaiter l’anniversaire de Titi, Jennifer et Kévin, à nous dire combien le Macumba Night c’était trop LOL XD PTDR, ou à faire de si mauvaises imitations d’Omar et Fred que, s’ils avaient été morts, se seraient retournés dans leur tombe.

J’ai l’air de critiquer comme ça, mais en fait non : au Macumba Night, il y a de la vodka de si mauvaise qualité que rien qu’en reniflant mon verre j’étais saoule comme une barrique. Et au Macumba Night, quand t’es pas là pour pécho et que t’es assurée de ne pas rentrer seule (et pour cause, ta moitié, encore plus saoule que toi parce qu’elle ne sait pas contentée de renifler la vodka, danse comme un pigeon épileptique au milieu de la piste), tu peux te lâcher. C’est très appréciable. J’ai enfin pu tester la danse que je mets au point devant ma glace depuis quelques mois. Je sais maintenant que le monde n’est pas encore prêt. En tout cas le monde du Macumba Night : il en est encore au stade ou le comble de l’élégance, c’est de mimer l’acte sexuel de manière extrêmement ostentatoire en dansant, de préférence pas en rythme. Cependant, ma façon de bouger mon corps a un effet très positif : elle éloigne durablement le gros relou et me permet d’avoir un espace de danse relativement étendu, ce qui ne déplairait pas à feu Patrick Swazye. Elle permet également d’avoir des courbatures et des points de côtés, ce qui te donne l’impression que ce soir tu n’es pas qu’une éponge à vodka bas de gamme attifée comme Bozo (si on m’a laissé rentré, c’est que j’ai raconté une blague stupide au videur, il a eu pitié), mais que tu as aussi dépensé des calories.

En conclusion, un Samedi soir au Macumba Night, c’est quand même ce qu’il y a de mieux pour te détendre les nerfs.

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