pièce montée

novembre 13th, 200911:15 @ crevette

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L’autre soir, on m’a demandée en mariage. C’était vraiment romantique. Mon prétendant m’a demandé si je voulais me marier avec lui dans le désert, en insistant sur le fait qu’il me fallait traverser la lumière avec ma mâchoire gauche. J’ai poliment décliné, et ce pour plusieurs raisons. Déjà, j’ai beau chercher, je n’ai pas de mâchoire gauche. J’en ai une en bas à la rigueur, mais à gauche, j’en ai pas, ça c’est sûr. Impossible pour moi de traverser la lumière. Et la perspective d’un mariage obscur ne m’enchante pas. Ensuite, mon prétendant étant du genre open, avant de ma faire sa demande, il a également proposé à mes deux amies et leurs yeux de chattes lubriques vivant dans le mépris du désir de se marier avec lui. J’ai été sa troisième fiancée de la soirée, j’ai trouvé ça vexant. Et pour finir, je ne suis pas convaincue que ma moitié officielle ait vu d’un œil heureux mon union avec un poète du mardi soir.

De toute manière, je n’ai pas envie de me marier (jusqu’à  ce que je change d’avis). Un PACS, ok, on paye moins d’impôts et en plus si on se débrouille bien on peut même organiser une petite bamboula pour faire plaisir à mamie. Mais un vrai mariage robe blanche – riz – pièce montée, c’est niet.

Déjà, je crois que je n’aime pas le mariage parce que c’est pour moi un catalogue de clichés, allant de la robe choucroute, à la cérémonie toujours bien trop longue ou on se fait de toute manière toujours chier, en passant par la pièce montée, la jarretière, l’enterrement de vie de jeune fille ou tu déambules attifée comme zézette en distribuant des capotes en riant comme une dinde, les photos dégoulinantes d’amour, de fond de teint et de laque, de beau papa bourré qui essaie de pelotter la demoiselle d’honneur, de DJ qui ne pourra pas s’empêcher de passer la Danse des canards ou la chanson du petit Ricard dans un verre à ballon… Tout ça pour finir, une chance sur deux par un divorce. Une bonne grosse liste de lieux communs et de stéréotypes bien nases, mais que je n’arrive pas à me sortir de l’esprit.

Ensuite, et ça ne regarde que moi, je concept de s’aimer et de se chérir jusqu’à ce que la mort nous sépare, c’est un peu old school. Moi je préfère aimer et chérir jusqu’à ce que j’en aie plus envie, que se soit jusqu’à demain ou jusqu’à mes 103 ans. Ok le mariage est une preuve d’amour et d’engagement, mais se faire tatouer le nom de son cher et tendre sur les fesses aussi, quelque part. Et qu’on choisisse l’une ou l’autre de ses options, le jour ou on tombe sur monsieur avec sa langue (ou plus si affinité) dans la bouche de la babysitter – de sa secrétaire – de sa meilleure copine (ou les trois en même temps, quel fieffé cochon ce Monsieur), on l’a bien dans le baba: qu’on doive aller à la pêche à l’avocat, ou qu’on essaie de pécho Mathias alors qu’on a écrit « frédo forever » sur le séant.

Autant dans les fifties le mariage était un peu une assurance qui t’assurait la jouissance éternelle de la cuisine en formica, de la machine à laver électrique, du fer à repasser mais pas forcément du poste de télévision (la bière et le foot, ça existait déjà dans les fifties), autant au XXI siècle, ne pas se marier s’est l’assurance de pouvoir te barrer au Bhoutan élever des chèvres pour te faire des robes en cashemere si ta moitié te propose de repasser sa chemise pendant qu’il regarde le foot sur son écran plasma (les bière et le foot, ça existe toujours en 2009).

Ceci dit, c’est juste moi qui ne veut pas me marier. Quand c’est les autres qui se marient, j’adôôôre, surtout si je suis invitée (ceci est un appel: j’aime les choux à la crème, la danse des canards et les occasions de porter des chapeaux avec des voilettes).

Rien à voir, mais n’allez pas voir l’Imaginarium du Dr Parnassus, ce serait bien dommage de garder ce film comme dernière image de Heath…

Et encore rien à voir, mais pour une fois, va télécharger LÉGALEMENT, et en plus s’est pour la bonne cause.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=aBTZOg6l6cA[/youtube]

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