Aujourd’hui, je suis vénère. Aujourd’hui, la MLF en moi sort ses crocs. Macho, passe ta route, ce qui suit ne va pas te plaire.
Pas un jour ne se passe sans que je m’auto congratule d’être une fille. J’adore être une fille. Pour rien au monde je n’échangerai mes règles douloureuses contre la possibilité de faire pipi debout en toute circonstance.
Malgré l’immense joie que procure le fait d’avoir des seins, être une fille en 2009, c’est loin d’être chose facile. Exemple, aujourd’hui, une potesse me raconte comment elle s’est trouvée hyper gênée quand un de ses clients, en âge d’être son père a appelé sa responsable pour lui dire à quel point il la trouvait bonne, et surtout pour savoir si elle était libre. Ça m’a énervée. Déjà, pourquoi le type il a pas pris ses couilles à deux mains pour aller voir ma potesse (que nous appelleront à partir de maintenant Germanita, c’est plus simple) ? Et de deux, pourquoi il a cru que Germanita était à vendre aussi ? Bon, ok, on est d’accord, ce qui est arrivé à Germanita est aussi arrivé à Germanito. Une rombière en mal d’amour a effectivement déjà proposé à Germanito une croisière en corse moyennant qu’il oublie son maillot de bain. Germanito a refusé. Heureusement pour lui, parce que sinon, j’aurai fait en sorte que sans maillot de bain il ressemble à une bête de foire.
Mais je digresse.
Je voulais parler de comment s’est difficile d’être une fille. En effet, on vit sur l’héritage de nos mères, qui ont brûlé leurs soutifs. On nous a élevées en nous disant qu’au valait au moins autant qu’un mec. Qu’attendre son prince charmant les bras croisés pour finir derrière les (barreaux) fourneaux était la pire des aberrations. Qu’il fallait mettre les mains dans le cambouis pour pouvoir se démerder toute seule comme une grande. Qu’avoir un mec, c’est bien ; mais que savoir poser une étagère et être ingénieur en aéronautique c’était mieux. Rapunzel ne doit plus attendre comme une dinde qu’un type à cheval vienne la sauver en bousillant sa tresse et en lui faisant un torticolis. Rapunzel, elle se fait une échelle avec ses tifs, et elle descend par ses propres moyens, sans attendre cent ans comme une gourde qu’un sinistre inconnu la libère, l’épouse et lui fasse 13 marmots, pour ensuite aller rouler des pelles à Blanche Neige. On nous a dit qu’on était des Wonder Women en puissance. Si Superman peut soulever un Boeing, on peut en soulever deux. Et je suis bien d’accord avec tout ça.
En même temps, ce sont des femmes à poil gaulées qui vendent des yaourts à la télé. Sur 10 panneaux publicitaires, au moins 3 mettent en scène une bombasse qui a oublié son pantalon (sondage INSEE). Pas un magazine féminin qui ne te dise pas comment être un super coup au lit, comment avoir un ventre plat, comment marcher avec des talons aiguilles sans finir avec des béquilles. Sans parler du porno partout (attention, j’ai rien contre le porno. Le porno bien fait je veux dire. Là je parle des horreurs « gonzo » que tu peux mater tranquilou chez toi même quand t’as huit ans en deux clics). Et la mode du burlesque 50’s, Dita qui se fout à oualpé dans un verre de Martini, et qui a les tétons qui clignotent. Et ses innombrables popstars qui ont la voix qui déraillent dès qu’elles portent un col roulé (c’est pour des raisons médicales que Britney finit à poil dans chacun de ses clips. Sa dépression, c’était parce qu’on lui a dit qu’il faudrait qu’elle soit habillée lors de sa prochaine tournée. Elle a guéri quand on lui a dit que bon, ok, elle pouvait chanter le cul à l’air si elle voulait). Et moi, quand je mets une jupe, si quand je me penche on voit pas ma culotte, c’est qu’elle est trop longue (raisons médicales là aussi. Je peux pas réfléchir si on voit pas ma culotte au moins deux fois par jour).
Alors des guerrières, ok, mais un peu putes quand même. Et qui dit pute, dit forcément soumis au désir d’un tiers. Et la plupart du temps, le tiers, c’est un mec. Le sien ou un autre. Et je t’ai pas parlé des burqa et autres joyeusetés du genre. Ni du fait qu’a diplôme égal, une femme est payée 30% de moins que son homologue masculin (hé ho, déjà, on l’a sortie de sa cuisine, dans trois ans elle va tomber en cloque, on va pas non plus la payer comme un Roger, non ?). Alors comment concilier les deux ? Réponse, c’est impossible à temps plein.
Guerrière, j’ai fait un boulot de mec plusieurs étés de suite, avec obligation de ne jamais mollir pour ne pas avoir droit aux réflexions du genre « normal que t’y arrive pas, c’est un truc de mec ». Boulot à forte connotation sexuelle, grâce à un trop fameux maillot de bain rouge plein de plastique. Un peu pute, je me rasais les jambes pour aller bosser, et j’en profitais pour les faire bronzer. Résultat des courses, si on m’avait donné 1 euro à chaque réflexion sexiste, lourdasse, et même pas drôle, je serai millionnaire à l’heure qu’il est. Et éconduire son patron, qui t’apprend pensant te flatter qu’il t’a recruté parce qu’il trouve ton postérieur à son goût, big jackpot. Que la fille qui n’a jamais été « victime » au moins une fois dans sa vie de ce genre de « harcèlement » (entre guillemets, parce que c’est tellement quotidien que le mot harcèlement et le mot victime perdent de leur sens), d’un patron, d’un client, d’un inconnu lève la main.
Guerrière, je change mes ampoules toute seule, je monte mes meubles, je sors à la nuit tombée, je bois du rhum cul sec, je paye jamais mes billets de train, je lis des livres écrits petit, je rote en public (au bout de trois bières, je suis une guerrière, mais je sais me tenir), et je vais voter, et j’aurais des couilles, j’hésiterai pas à me les gratter. En fait je fais ce que je veux. Un peu pute quand même, j’ai besoin de 20 bonnes minutes de ravalement de façade quotidiennement, j’ai 148 paires de chaussure, 218 robes et 58 jeans. Résultat, la guerrière s’est fait siffler 2 fois, on lui a dit qu’elle était belle, charmante et bonne, on lui a proposé des cafés et des numéros de téléphone, et on l’a traitée de connasse quand elle a poliment refusé, rien qu’aujourd’hui. Elle aurait mis son armure plutôt qu’une robette avec des petits chats et des fleurs, ça ne se serait probablement pas produit. De même si elle ne s’était pas épilée la moustache.
Alors il est ou le juste milieu entre la pute et la guerrière ? Surtout qu’il faudra que je case la maman dans l’équation d’ici quelques années. Et que la bobonne pré-suffragettes est toujours bien ancrée dans l’inconscient collectif. Une fille ça doit aussi nécessairement savoir tenir un intérieur, manager une famille et faire des lasagnes.
Alors voilà, être une fille en 2009, en fait ça veut dire être trois ou quatre : une pute, une guerrière, une bobonne, une maman. Et savoir jongler entre les quatre pour ne pas se perdre. Tu perds la guerrière, t’es de retour au moyen âge, et j’ai VRAIMENT BEAUCOUP de peine pour toi. Tu perds la pute, tu deviens un camionneur frigide. Tu perds la maman ou la bobonne, t’es bonne à enfermer. Et bonjour le bordel si quand tu dois être guerrière tu sors la pute ou la bobonne. Où si quand tu dois être maman, tu fais la pute. Ou quand tu deviens guerrière alors que tu devrais être bobonne. Enfin, t’as compris.
Comme je pense que je pourrais m’étaler sur le sujet encore longtemps et qu’il est l’heure pour bobonne d’aller se faire cuire un œuf, je te laisse avec une meuf qui en a une grosse bonne paire…
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=X2hvkiuxRAE[/youtube]





Cracotte
10 months ago
moi je zappe la bobonne.
pute, guerrière et maman. Exactement.
Et tout ça est très fatigant.
Parce qu’avec la révolution féminine on a gagné des trucs certes, mais on n’en a pas perdu du tout, c’est bien ça le problème.
Sébi
10 months ago
Brrr, les poupées fantômes de la vidéo. La chanteuse, pour le coup, c’est une guerrière de chez guerrière, non ?
mado
10 months ago
Finalement, je trouve ça vraiment très fatigant d’être une femme…
on est toujours obligées de se battre plus que les hommes, de se justifier plus que les hommes, de faire ses preuves plus que les hommes… pour gagner moins, bien sûr. La vie n’est pas juste….
mais nous, au moins, on n’a pas de panne, pas de pression de la performance, et beaucoup plus de choix quand il s’agit de s’acheter des fringues et des chaussures. C’est pas énorme, mais c’est déjà ça…
lili est insolente
10 months ago
on est toutes des germanitas…
Homecats
10 months ago
A chaque fois que tu parles du MLF et de libération de la femme, je repense à notre séminaire… Nostalgie…
A part ça : et en plus tu vis à Marseille ! t’es servie en mecs relous, c’est un sport la drague bien lourdingue là-bas… (je parle en connaisseuse).
mamzellescarlett
10 months ago
Ouais, c’est un boulot au quotidien d’être une guerrière. Perso, je rêve de déposer les armes, mais c’est pas encore demain la veille…
Mathgon
10 months ago
Article très long et très bon… Si en plus des 4 personnalités tu rajoutes ton activité de geekette tu risques de sombrer dans la schizophrénie!
Nous vous saluons toutes mesdemoiselles!
E.
10 months ago
A Nowel jcommande une greffe de pénis [ jvoulais écrire "bite" mais je trouve que ça fait vulgaire ,alors non.Jvoulais mettre " zizi" mais bon j'ai 28 ans quand même ]
Juste pour voir ske ça fait de n’être qu’un » homme « .
Moi je
10 months ago
« une petite robe à fleur avec des chatons ».
En échange de l’adresse où j’ai shoppé ma robe à renards, je te vole ta robe à fleurs et chatons?
(et nice Peaches pour conclure l’article!)
charl'
10 months ago
ah bah ça fait du bien…
mrsclooney
10 months ago
mais qu’est-ce que tu veux que je dise de plus ???? :^))) rajoute une louche de mère et …
Princesse Soso
10 months ago
Rien à rajouter !
Enfin si, hein… car je suis une pipelette.
Je clap clap bien calée au fond de mon canapé avec la télécommande de mon Roomba à portée de main. Roomba c’est notre aspirateur robot qui me permet de faire ce que je hais le plus au monde (à égalité avec Michel Sardou) => le ménage.
Comme ça je peux virer la catégorie Bobonne de mon répertoire.
Je suis guerrière et maman au taf (mais je suis pas pute car je rappelle que je suis prof)
Je suis pute et maman avec mon mari (mais pas guerrière car c’est trop peace and love dans ma life)
En tout cas super article !
Lorenzo
10 months ago
Sujet intéressant. Au risque de faire passer le sentiment que je rejette la faute de votre échec sur vous, voici ce que je pense.
Je pense tout bonnement que les femmes d’ici, en France, et surement autre part ailleurs, ont raté la révolution féministe, ou bien ne l’ont pas terminé.
On (la société, les hommes, les femmes) vous cantonne à un rôle purement sexuel et de reproduction, de femme au foyer.
Et ce bourrage de crâne commence dès le plus jeune âge, les fillettes poussent déjà des poussettes avec bébés « inside » ou jouent à la dinette. Je plains ces gamines et je hais leurs mères. Et encore plus quand elles refusent d’aller laisser jouer les filles avec les garcons, à leur jeux de garcons, sous prétexte que « les filles ne doivent pas le faire car elles se doivent d’etre plus calme et sont moins turbulentes que les garcons » (sic). C’est écrit dans la loi? dans les gènes? ou bien c’est uniquement la société qui a créé ce sentiment.
Pour avoir vécu au Québec, la femme qui décide d’aborder l’autre en soirée, d’engager une conversation, voire de déclarer sa flamme, est respectée (en général, enfin il me semble). Ici les femmes ne font jamais le 1er pas, ne serait-ce que pour taper une discute en tout bien tout honneur, sous peine d’être prise pour des salopes par nous, les hommes. Elles ont donc des raisons légitimes de ne pas avancer leurs billes. Il y a cette différence entre les 2 cultures qui montrent que quelque chose a échoué ici, ou n’a pas été achevé.
Bref, je le redis, féministes de tout poil- s’il y en a qui lisent ce blog, ce dont je doute quand même, ce message est pour vous- vous avez loupé quelque chose, et ça me désole.
Ce dont je rève? Qu’il serait temps de refaire une révolution, une vraie, avec du sang, de la chique et du molard, afin de changer nos mentalités très mâles et sexistes, non?
Lorenzo
10 months ago
oh bordel, laissez moi corriger toutes ces fautes d’orthographe, tabarnak!
crevette
10 months ago
Lolo, (je t’appelle comme je veux, on est chez moi ici…)
je n’ai pas pour habitude de répondre aux commentaires, parceque je sui foncièrement mal polie, mais le tien, quand même, quand même…
Je suis Malheureusement bien d’accord avec toi. J’ai même l’impression qu’on fait un formidable bon en arrière. Enfin, pas toutes, moi, je rote à table au restaurant, et je me rase jamais les aisselles.
Alors la révolution, je suis pour. J’ai même un formidable stock de soutifs à aller cramer au besoin. Et mes filles, elles pourront avoir des ceintures de catcheur à noël si elle veulent.
Putain! (traduction marseillaise de tabarnak).
Lorenzo
10 months ago
tiens pour continuer sur le sujet, je viens de lire cet article du journal Le Monde…
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/11/04/douillet-tous-les-hommes-sont-misogynes-sauf-les-tapettes_1262858_823448.html#ens_id=1239637&xtor=AL-32280151
Je n’ai jamais douté de cet homme. Il ne me decoit pas dans ses propos. Encore un crétin aveuglé par sa foi et ses valeurs moralisatrices, conservatrices, archaiques.
Féministes, femmes, amies, amies, vous avez vraiment du boulot pour virer ces mentalités de l’Assemblée Nationale.