Be green

octobre 21st, 20099:48 @ crevette

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En bonne citadine qui se respecte, j’ai les poumons bien encrassés par les gaz d’échappement. De chez moi, j’ai une merveilleuse vue … sur le chez moi des voisins d’en face. Et quand je croise une plante, je lui dis « bonjour Madame » avec beaucoup de respect. Pour moi, un animal sauvage est forcément synonyme de rat, de cafard, de pigeon ou de gros relou qui te beugle « tss, tss, trop char-man-teu » en période de rut. Les grands espaces, c’est quand je suis dans le bus et que la place à côté de la mienne est libre. Les randonnées, c’est quand je fais Zara, H&M et la FNAC dans la même après midi. Et la dernière fois que je me suis roulée dans l’herbe, c’est quand j’ai fait tomber un jeton de caddie sur l’un des terre-pleins du parking d’ Auchan, et quand j’ai posé mon genou droit sur un chewing-gum et mon genou gauche sur une canette de bière pas tout à fait vide mais tout à fait périmée. Et quand je pense Nature, je poste des films porno à base d’escargots qui ne font réagir absolument personne (est ce que vous avez au moins calculé que c’était Isabella Rossellini, bordel ??)

C’est peu de dire qu’il m’arrive régulièrement d’avoir un besoin urgent de me mettre au vert.

C’est donc la saine idée de me purifier qui m’a poussée à tanner qui voulait bien l’entendre avec mon envie d’aller ramasser des champignons dans la forêt. Pendant deux semaines.

Quand enfin j’ai réussi à organiser mon expédition, sous un vent à écorner les bœuf, et sans l’ombre d’un nuage en vue, les chances de trouver de quoi me faire une omelette étaient quasi nulles. Mais quand j’ai une idée derrière la tête, comme on dit, je l’ai pas … ailleurs. J’ai donc pris mon panier, mes baskets (achetées en première, toujours flambant neuves, qui dit mieux ?), ma doudoune, et je suis allée ramasser mes champignons.  Je les ai cherchés longtemps les sagouins. Peut être avaient – ils une bonne raison de se cacher ? C’est au moment ou je commençais à être en manque de poubelle qui dégueule, et que je m’étais préparée à rentrer bredouille, que je les aperçus : Trois magnifiques cèpes bien dodus, qui n’attendaient que moi. Youpi, me suis-je exclamée, me voilà parfaite femme des bois.

Mais ou veut-elle en venir saperlotte ? (saperlotte, c’est mon mot préféré en ce moment). Un peu de patience, je te garantis que tu vas en avoir pour ton argent.

C’est donc fière comme Artaban que je suis rentrée préparer une petite persillade, pour faire revenir mes trois bijoux, et de la pâte à crêpes pour mettre dessous. Ça m’a même pris tout le reste de l’après midi. Je ne suis pas pingre, j’ai tenu à partager mon trésor pour le repas suivant, au lieu de me le garder pour moi toute seule. Au moment de passer à table, je trépignais. Il y avait en tout et pour tout une bolinette de champignons, à peine de quoi nourrir un hérisson (pour peu que les hérissons mangent des cèpes), mais ça sentait rudement bon. J’ai tout bouffé. Le temps que j’ai mis à les manger était inversement proportionnel au temps que j’ai mis à mes trouver. C’était délicieux. Un petit goût d’automne qui ne s’oublie pas. Dommage qu’il y en ait eu si peu.

Peu après le dîner, je suis allée prendre mon train, afin de m’en retourner vers mes grises contrées. Evidemment, il a eu 20 minutes de retard. Et au moment ou je commençais à désespérer et ou les phares du train apparurent à l’horizon, je sentis une étrange sensation dans mon estomac. Pas de quoi fouetter un chat quand on sait que je suis capable de manger du chou farci au petit dèj si l’envie m’en prend. Je me suis donc confortablement installée, ainsi que l’étrange sensation dans mon estomac. J’ai pris mes aises. Elle aussi. Et au bout de 20 minutes, j’étais la tête dans les WC. J’y suis restée la totalité du voyage. 1h20. Si t’as déjà fait pipi dans un TER old génération, tu peux avoir une légère idée du délicieux moment que j’ai passé.

Le voyage terminé, l’étrange sensation a dû décider que finalement elle était pas si mal à l’intérieur de moi, et elle a décidé de rester. C’est donc en sa compagnie et avec celle de mon amie la bassine que j’ai fini mon dimanche et passé mon lundi et une partie de mon mardi.

En un mot comme en cent, dimanche soir, j’ai fait une fabuleuse intoxication alimentaire à cause de trois pauvres champignons. Alors je te vois venir, avec tes réflexions du genre « mais les rouges à points blancs, ils sont pas comestibles, hu ! hu ! hu ! ». Réflexion à laquelle je répondrai que je suis une experte en ramassage de champignons. Je pratique la cueillette des champignons tout les ans avec la même assiduité avec laquelle à noël je mets la maison à sac pour trouver mes cadeaux, et ce depuis mes 5ans. De surcroît, les champignons que j’ai ramassés ressemblaient à ça. Une professionnelle je te dis.

Je te rassure, ça va mieux, la bassine est retournée dans la salle de bains. Mais plus jamais, plus jamais je mettrai mes pieds dans un bois, ou commanderai une Reine chez Domino’s pizza. Et pour ta gouverne, sache que le passage où je décris comment j’ai cuisiné mes cèpes à été très dur à écrire pour moi. J’ai dû sortir deux fois à la fenêtre pour respirer l’air vicié de la ville pour ne pas tomber dans les vapes. Rien de tel qu’une bonne bouffée d’air chargé de dioxyde de carbone pour te rappeler les vraies valeurs.

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