the incredible story of the left-handed girl

janvier 27th, 200911:48 @ crevette

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J’ai deux mains gauches. Etant gauchère, ça devrait être un avantage. Détrompez-vous. Et en plus d’être maladroite, j’imagine qu’a ma  naissance, mon berceau a été placé sous une échelle, sur le passage d’un bon gros chat noir.  Et puisqu’un malheur n’arrive jamais seul, j’ai une tête de linotte doublée d’une mémoire de poisson rouge.  

Je fais partie de cette rare espèce qui ne peut pas verser de l’eau dans un verre sans en mettre à côté. Je suis de celles qui, quand elles sortent du supermarché, chargées comme des mules, et qui ne peuvent que regarder, impuissantes, le sac le plus gros céder, et répandre son contenu sur le passage piéton (au moment ou le feu passe au rouge, cela va sans dire). Fonctionne aussi avec le sac poubelle dans les escaliers. Je fait partie de la catégorie des gens qui jettent régulièrement leurs CB à la poubelle, ou qui les bloquent, en tapant obstinément trois fois le même mauvais code. Je suis de la race de ceux,  qui, fiers de leurs talents culinaires, pour mettre la touche finale à ce plat de pâtes à la carbonara tant espéré, décident d’y rajouter une pointe de sel. Et ce, sans compter sur cette satanée salière, qui décide justement de se vider entièrement sur les lardons. Et ça marche aussi avec la poivrière. 

Je suis capable de brûler un mur avec un wok, de me couper le doigt en enfilant ma culotte (ma grande fièrté celle là), de tomber deux jours d’affilée à quatre pattes dans la même flaque d’eau croupie à une heure de pointe dans une rue extrêmement passante, d’avaler une arrête de sardine et de la garder coincée au coin de la gorge pendant une semaine, de vouloir rincer mes cheveux pleins de shampooing juste au moment ou l’eau de tout mon quartier se retrouve coupée pour une semaine, de donner l’envie à mon cher et tendre de ranger définitivement sa table basse en verre.  

C’est tout à fait mon genre de rouler sur ma bouillotte pendant mon sommeil (je vous signale en passant, que dormir avec une bouillotte, c’est ultra glam’, so 2009), d’en faire sauter le bouchon, et de me réveiller avec les drap trempés. Aller faire pipi dans un bar, certes un peu sordide, et alors que je vaque a mes occupations, tomber sur un type ne correspondant pas du tout à la description que je me fait de l’homme idéal qui, en voyant la porte fermée à clef n’a rien trouvé de mieux à faire que de l’enfoncer, yes I can. 

Il m’arrive très régulièrement (plusieurs fois par jour), de piquer des crises, parce que je ne trouve pas mes lunettes (qui sont sur mon  nez), mes clefs (qui sont sur ma porte), ou mon portable (qui est… euh…oh merde…).  Et soyez sûrs que si vous avez le cran de mettre entre mes mains percées un objet fragile, coûteux ou salissant (genre le disque dur externe du boulot, les flûtes à champagne en cristal, le téléphone portable tout neuf, le gratin de courgettes, la bouteille de rouge, la crêpière brûlante..), il respectera avec zèle les lois de la gravité, et ira taper une bise sonore au plancher. 

Quand je touche un feutre, il fuit. Quand j’utilise des ciseaux, je me coupe. Quand je me sers du scotch, je m’en met dans les cheveux. Quand j’ai une braguette, elle est ouverte. Quand je m’endors dans le train, je bave. Quand je dis une vacherie sur quelqu’un après lui avoir passé un coup de fil, je fais bien attention à ne pas avoir raccroché avant. Quand j’envoie un sms compromettant, je met un point d’honneur à l’envoyer au mauvais destinataire. Quand je cherche un papier important, mais que je le trouve pas, c’est parce que je l’ai jeté à la poubelle la veille. Quand j’ai un rendez vous professionnel, mes glandes sudorales décident en général que c’est la fête du slip. Quand les anglais débarquent, c’est en général la veille du jour ou je décide d’acheter des munitions.

 

Heureusement, j’ai de l’humour.

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